De: "Pierre Schuller"
À: "AADSA"
Objet: texte 125
Date: lundi 31 janvier 2005 10:12

Les gens qui voient de travers
Pensent que les bancs verts
Qu'on voit sur les trottoirs
Sont faits pour les impotents ou les ventripotents.
Mais c'est une absurdité,
Car à la vérité,
Ils sont là, c'est notoir',
Pour accueillir quelque temps les amours débutant's

Refrain
Les amoureux qui s' bécot'nt sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s' foutant pas mal du r'gard oblique
Des passants honnêtes,
Les amoureux qui s' bécot'nt sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s' disant des "Je t'aim' " pathétiques
Ont des p'tit's gueul's bien sympathiques !

Ils se tiennent par la main,
Parlent du lendemain,
Du papier bleu d'azur
Que revêtiront les murs de leur chambre à coucher...
Ils se voient déjà, douc'ment
Ell' cousant, lui fumant,
Dans un bien-être sûr,
Et choisissent les prénoms de leur premier bébé...

Quand la saint' famill' Machin
Croise sur son chemin
Deux de ces malappris,
Ell' leur décoch' hardiment des propos venimeux...
N'empêch' que tout' la famille
(Le pèr', la mèr', la fill', le fils, le Saint-Esprit...)
Voudrait bien, de temps en temps,
Pouvoir s' conduir' comme eux.

Quand les mois auront passé,
Quand seront apaisés
Leurs beaux rêves flambants,
Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds,
Ils s'apercevront, émus,
Qu' c'est au hasard des ru's,
Sur un d' ces fameux bancs,
Qu'ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour...